
- Il y avait de l'émotion sur le visage de Gilles Mottiez le 12 janvier dernier à Montreux. Est-ce que ce sera pareil pour la dernière course de sa carrière ? (© FB Gilles Mottiez)
Gilles Mottiez n’a plus que deux courses à disputer dans sa carrière de cyclocross. Une manche de Coupe du monde, et les Mondiaux. Rencontre avec l’athlète de Collonges, entre émotion, souvenirs, et envie de performer une dernière fois. Avant d'embrasser - entre autres - un nouveau rôle au sein de Valais Cycling.
Cette fois, ça sent vraiment la fin pour Gilles Mottiez. Le jeune homme de 27 ans donnera ses derniers coups de pédale ces deux prochains week-ends. D’abord sur la manche de Coupe du monde d’Hoogerheide ce dimanche, puis à Liévin, en France, à l’occasion des Mondiaux de cyclocross. Récent sixième aux Championnats helvétiques qui se sont tenus à Montreux, le pilote de Collonges ne pouvait pas rêver d’une meilleure fin.
« C’est une belle manière de finir cette carrière. Finir avec le maillot suisse, sur un événement tel que celui-ci, c’est vraiment une belle récompense. » Gilles Mottiez disputera dans le Nord de la France ses quatrièmes Mondiaux. Au moment de se souvenir de ses trois premières participations, le Valaisan avoue avoir connu des expériences très différentes les unes des autres.
Terminer en beauté
« C’était incroyable de pouvoir participer à mes premiers Mondiaux en 2021 à Ostende. Mais il n’y avait pas de public en raison du Covid, donc c’était un peu bizarre. Une année plus tard, à Fayetteville aux Etats-Unis, c’est la première fois que je découvrais la folie d’un Mondial. 2023, j’ai eu la mononucléose, donc je n’avais pas pu aller à Hoogerheide. Et enfin l’an dernier, à Tabor en Tchéquie, où nous avons couru devant 30'000 personnes. » Il y a ainsi vraiment eu de tout.
Alors à quoi peut bien s’attendre Gilles Mottiez pour sa der’ ? Difficile d’y répondre, mais il est sûr que celle-ci sera émotionnelle. Même s’il n’entend pas y faire de la figuration. « Ce sera vraiment la fin de la fin. Evidemment, si c’est un jour sans, ça ne changera pas le regard que je porte sur ma carrière. Mais je veux finir sur une bonne note, montrer que j’ai mérité ma place. »
Celui qui compte un 19e rang comme meilleur résultat en Coupe du monde cherchera ainsi à finir en beauté. Car oui, une fois le 2 février passé, c’est une grande page qui se tournera pour Gilles Mottiez. Mais ne parlons pas de deuxième ou nouvelle vie, ce ne sera pas le cas. « Je pense que d’avoir toujours eu un pied dans le monde du travail, extérieur au sport, ça ne fait pas perdre le sens des réalités. Et c’est un avantage : il n’y a pas tout qui s’arrête d’un coup pour moi », indique-t-il.
Un rôle auprès de Valais Cycling
Le sportif sait tout de même qu’il lui faudra une certaine période d’adaptation. Lucide, il désigne même la période de creux après une retraite sportive comme nécessaire. « De ne pas l’avoir, ça peut être dangereux selon moi, car ça exploserait à un moment donné. » Gilles Mottiez gardera cependant un pied dans le monde de la petite reine.
En plus d’avoir signé un contrat de travail, il officiera au sein de Valais Cycling auprès des jeunes vététistes des catégories U15 à U19, voire U23. Il s’agira d’un rôle d’accompagnement technique, notamment sur les courses, de coordination des programmes avec les entraîneurs… « C’est intéressant de pouvoir rester dans le milieu, et faire profiter les jeunes de mon expérience ! »
L'interview de Gilles Mottiez
Thierry Nicolet