- Nadja Kälin a bluffé tout le monde lors des jeux Olympiques de Milan-Cortina. (© Swiss-Ski)
Longtemps porté par Dario Cologna, le ski de fond helvétique semble avoir amorcé sa transition. Grâce aux deux médailles remportées aux Jeux de Milan-Cortina, la discipline peut envisager l’avenir avec davantage de sérénité, estime le Bellerin Jovian Hediger, sans occulter les chantiers encore ouverts.
Parmi les 23 médailles récoltées par la délégation suisse aux JO de Milan-Cortina, deux proviennent du ski de fond. Ces dernières années, la discipline a souvent rapporté des breloques. Mais toutes étaient les œuvres d’un seul athlète : « Super » Dario Cologna. Pour retrouver un podium olympique sans la présence du Grison, il fallait remonter à 2002, lorsque le relais féminin du 4x5 km avait décroché le bronze à Salt Lake City. Mais ça, c’était jusqu’à ce mois de février 2026, quand Nadine Fähndrich et Nadja Kälin ont remporté l’argent en sprint par équipe, puis cette même Nadja Kälin s’est parée de bronze sur le 50 kilomètres.
La confirmation après Trondheim
« C’était très intense et très émotionnel », explique Jovian Hediger. « Ce sont des athlètes que je connais depuis des années, des amis proches. On partage énormément leurs émotions et on les vit presque par procuration. Commenter leurs exploits a ajouté une dimension encore plus spéciale. » Le Bellerin, ancien fondeur professionnel, a officié en tant que consultant sur la RTS durant ces joutes italiennes. S’il attendait des médailles suisses, notamment après les Mondiaux de Trondheim qui en avaient rapporté trois l’an dernier, le Vaudois avoue avoir été surpris en bien, notamment par Nadja Kälin.
« Elle a une immense capacité à se préparer pour les grands événements. Sur le 50 kilomètres, en fin de Jeux, quand la fatigue joue un rôle, elle a su saisir sa chance. Même Dario Cologna n’a pas gagné sur cette distance aux JO. » Jovian Hediger s’est surtout réjoui de voir que son sport de cœur est dans une dynamique très positive en Suisse. « On a une équipe solide. Cela montre que la relève a su prendre le relais, même s’il reste des points à améliorer. » Parmi eux, le Chablaisien pointe surtout du doigt le manque de profondeur sur les longues distances masculines.
Des questions demeurent
Avec les retraites annoncées de Candide Pralong et de Jason Rüesch, l’équipe se verra passablement fragilisée. « Tout part des jeunes, des clubs, des régions. Il faut une large base pour qu’à la fin, il reste suffisamment d’athlètes de haut niveau. Avec ces médailles, il faut profiter de l’élan pour promouvoir le ski de fond, avec l’aide de Swiss-Ski », analyse Jovian Hediger. Les prochaines saisons devraient toutefois s’annoncer bonnes. Une Nadja Kälin, 24 ans seulement, pourrait encore monter en puissance au fil des prochains hivers. Les sprinteurs masculins, à savoir Valerio Grond et Janik Riebli, ont eux aussi les années devant eux.
Ils seront peut-être rejoints plus tard par des jeunes téléspectateurs ou auditeurs qui ont vibré durant les Jeux de Milan-Cortina devant les performances suisses. Et qui auront encore l’occasion de le faire du 27 au 29 mars dans notre région, aux Diablerets. La station des Alpes vaudoises accueillera en effet les championnats suisses de ski de fond, avec la présence attendue des médaillées olympiques.
L'interview
Thierry Nicolet











































