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Les appels à la violence et au blocage des écoles ont suscité en début de semaine une vive inquiétude chez les autorités valaisannes.
Souvenez-vous, la police cantonale rappelait dimanche sur les réseaux sociaux que le partage de contenus incitant à la brutalité est passible de sanctions judiciaires. Dans les faits, les mobilisations étudiantes prévues pour mardi matin n’ont jamais eu lieu tandis que des patrouilles de police ont été déployées sur place. Coup d’épée dans l’eau ? Canular ? Ou véritable projet de manifestation calquée sur les protestations françaises ?
Nous avons fait appel à Stéphane Koch, spécialiste des technologies de l’information, pour décrypter l’influence croissante du monde numérique sur notre réalité physique. «La campagne de prévention des forces de l'ordre était une bonne idée. La porosité politico-sociale entre l'Hexagone et la Suisse romande est forte, accentuée par TikTok et Instagram, qui agissent comme des caisses de résonance», analyse le Valaisan.
Les outils démocratiques à la rescousse
Si la situation scolaire de notre pays est diamétralement opposée à celle de notre voisin, rendant les revendications des lycéens peu légitimes chez nous (manque d'enseignants, bâtiments dégradés, classes surchargées), l'expert estime que «le besoin d'appartenance sociale ou le sentiment de solidarité peuvent pousser les adolescents à imiter les mobilisations en cours.» La crise sociale tricolore peut représenter une occasion pour les institutions de rappeler les mécanismes démocratiques helvétiques existants. «Dans les cantons de Vaud et du Valais, les parlements des jeunes donnent la parole aux écoliers et étudiants, en complément des voies classiques que sont les pétitions, les référendums et les initiatives.»
«L'éducation à la citoyenneté numérique doit être renforcée dans les classes.» — Stéphane Koch
A l'heure de l'Intelligence Artificielle, le monde numérique se confond toujours plus profondément avec le monde réel. Pourtant, cet espace de réalité, régi par un cadre légal définissant des droits et des devoirs, est encore trop souvent sous-estimé par nos autorités à en croire Stéphane Koch. «Une partie de l'instruction publique répète aux jeunes que les réseaux sociaux ne sont pas réels.
Pourtant, l'espace numérique fait partie de la société au même titre que l'espace physique», martèle le spécialiste, qui appelle à la généralisation d'une éducation à la citoyenneté numérique dans les classes. Si le net est un lieu de citoyenneté immatériel, ce que l'on y exprime a un impact sur notre quotidien. «En 2017, le mouvement #MeToo a permis de rendre tangible une multitude de témoignages éparpillés à travers le monde», illustre-t-il.
Stéphane Koch, qui intervient dans les écoles valaisannes, met aussi en garde les pouvoirs publics contre les lacunes de la surveillance numérique, ces dispositifs permettant d'identifier les origines et la nature d'une information virale pour anticiper les crises. «Le Paracetamol Challenge de 2020 est un exemple flagrant. Ce qui était présenté comme un challenge TikTok mortel n'était en fait qu'une légende urbaine.» Dans un autre registre, de grandes puissances comme les Etats-Unis ou la Russie utilisent les outils numériques pour déstabiliser l'opinion publique, influencer les débats et susciter la défiance envers les gouvernements européens. «La guerre cognitive est réelle et peut mettre à mal nos démocraties. Seule l'éducation et le monitoring techniques peuvent atténuer leurs conséquences.»
A la suite des publications du week-end dernier, plusieurs enquêtes ont été ouvertes par le Tribunal des mineurs valaisan pour déterminer leurs origines et identifier leurs auteurs. De l'autre côté du Rhône, la Police cantonale vaudoise n’a pas été inquiétée par des troubles au sein des établissements scolaires.
Entretien complet avec Stéphane Koch, spécialiste en technologies de l’information
Antoni Da Campo










































