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Il y a des sujets plus difficiles à aborder que d'autres. Celui de l'inceste et la difficulté des victimes à se relever de cette épreuve en est un. Steffi* et Paola* ont accepté de nous raconter leur parcours pour leur survie après avoir vécu ces abus intrafamiliaux dans leur enfance. Témoignage.
Ce sont deux femmes avec deux histoires bien différentes, mais elles ont un point commun. Chacune a vécu dans son enfance des abus sexuels de la part de quelqu'un de sa famille.
L'histoire de Steffi
Pour Steffi, qui vit dans la région de Monthey, le premier inceste a été commis par son oncle. Les viols ont commencé lorsqu'elle avait 2 ans et demi et se sont poursuivis jusqu'à ses 9 ans. Un ami de sa maman (qui vivait avec elles à ce moment-là) a ensuite continué à abuser de la jeune fille, puis un de ses cousins. Elle a bien tenté d'en parler à ses parents, mais elle n'a pas été entendue. Ce n'est que plus tard qu'elle a trouvé la force d'aller se faire justice elle-même, aidée par un autre cousin policier. Depuis, elle tente de vivre avec, en étant aidée par la thérapie et par sa formation de pair-praticienne en santé mentale.
L'histoire de Paola
Pour Paola, également résidente dans le Chablais, c'est son frère qui abusé d'elle lorsqu'elle avait 7 ans. Il en avait 12. Ce n'est arrivé qu'une seule fois, mais le mal était déjà fait. Les séquelles laissées par ce drame l'ont marquée à vie, malgré la reconnaissance des faits par sa maman lorsqu'elle a raconté ce drame, plus de 20 ans plus tard.
Pour les deux femmes, qui ont donc des vécus différents, les conséquences sont pourtant très similaires: faible estime de soi, vision de la sexualité et de l'amour biaisée et déformée, ou encore comportements à risques, l'apprentissage de la vie devenant complètement déconstruit en raison de cet événement.
Comment s'en sortir ?
Plusieurs pistes sont évoquées dans ce témoignage pour survivre à ce drame. L'un d'entre eux, ce sont les groupes de paroles. Pour Paola, modératrice au sein de l'association LagopAid, ces groupes sont un moyen de se libérer, mais aussi de partager ses ressentis avec d'autres victimes d'incestes.
Et maintenant ?
Les deux femmes continuent de se reconstruire, l'une en effectuant une formation de pair-praticienne en santé mentale, et l'autre en modérant les groupes de paroles. Mais les deux sont d'accord sur un point: il faut parler de ces drames, et surtout si l'un de vos proches vient vous raconter une histoire comme celle de Paola et Steffi, il est important d'écouter et surtout de ne pas minimiser ce drame.
Ecoutez leur témoignage ci-dessous.
Attention, ce témoignage aborde des sujets difficiles comme l'inceste, le viol, ou encore le suicide
*noms connus de la rédaction
Léa Jornod
Quelles ressources existent pour aider les victimes et les proches d'inceste ?
- LagopAid, association valaisanne qui propose des groupes de paroles pour les victimes et pour les proches.
- Je Te Crois, association valdo-valaisanne qui propose des groupes de paroles pour les victimes
- Aide aux victimes en Suisse (LAVI)
- Le numéro 142, gratuit, qui s'adresse à toutes personnes victimes de violences.
- Le loup, vidéo de prévention, ainsi qu'une chanson qui s'adresse aux touts petits pour leur apprendre à réagir et à parler en cas d'abus sexuels.
- Stop inceste, organisation faîtière intercantonale et centre de compétences en matière d'inceste









































